Les splendeurs

Pierre Flynn

Jardins de Babylone

La petite mendiante, sur le pont de Dublin
S'accroupit au trottoir, à l'affût des gendarmes
Et dans le frais du soir, sur sa flûte d'étain
Elle joue un air si pur que j'avalai mes larmes...

Sur un sentier de roches entre ciel et mer
Un vieux Grec et son âne au loin marchent vers nous
Debout sous le soleil, homme de la Terre!
"Yassou!" me dit-il, et je réponds "Yassou!"

O splendeurs
Quand j'ouvre grand les yeux
O douceur
Toujours être amoureux
Amoureux...

Dans le parc une femme nourrit les hirondelles
Elle est là de tout temps, à côté des clochards
Et ses yeux de lumière ne voient plus les mortels
Un cygne esseulé passe sur le fleuve blafard....

C'est le temps des mensonges, on ne comprends plus rien
Il reste les tambours et les rites anciens
Quand ça me touche là, je renais de mes cendres
Salim joint les deux mains, sur nous l'esprit peut descendre...

O splendeurs
Quand j'ouvre grand les yeux
O douceur
Toujours être amoureux
Amoureux...

Pour ces contrées de l'âme où l'on ne va plus
Pour la beauté du monde qui pâlit doucement
Pour l'oiseau rouge en nous et nos espoir fourbus
J'échappe ma prière aux caprices du temps...

O splendeurs
Quand j'ouvre grand les yeux
O douceur
Toujours être amoureux
Amoureux...

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